Samedi, à Finance Avenue, une salle pleine s’est rassemblée pour une question devenue l’un des points chauds du débat fiscal belge :
les sociétés de management sont-elles des boucs émissaires ou un maillon essentiel de notre économie ? Un débat animé avec talent par Gilles Quoistiaux (L’Echo), avec Sabrina Scarnà (Tetra Law et Lionel Rosu (BILLY.tech)
✔ Les sociétés de management ne sont pas un problème : elles sont une réponse
Elles structurent l’activité des professions libérales, des consultants, des dirigeants de TPE/PME, des administrateurs indépendants.
Elles séparent responsabilités privées et professionnelles, permettent d’investir, de prendre des risques, d’engager, de planifier.
Elles jouent un rôle déterminant dans la compétitivité d’un pays où le travail est l’un des plus taxés au monde.
Dès lors, comment s’étonner qu’un indépendant qui réussit cherche un cadre plus cohérent que l’impôt progressif à 50 %, les cotisations élevées et l’absence de flexibilité ?
✔ Les critiques actuelles manquent leur cible
L’idée selon laquelle ces structures seraient « trop avantageuses » fait abstraction de deux réalités :
1️⃣ Le système est déjà largement encadré :
– salaire minimum porté à 50.000 €
– ATN plafonnés
– règles anti-abus nombreuses
– limitation des régimes préférentiels (VVPR-bis, réserve de liquidation…)
2️⃣ Les abus sont minoritaires
Oui, il existe des faux indépendants. Oui, certains optimisent.
Mais faut-il pénaliser 55.000 structures parce que quelques dizaines posent problème ?
✔ Le vrai enjeu n’est pas la société de management : c’est la fiscalité du travail
Comme je l’ai rappelé hier :
quand le travail devient trop cher, on cherche des alternatives.
Ce n’est pas un jugement moral : c’est un constat économique.
Et au lieu de repenser notre fiscalité pour la rendre plus équilibrée, on préfère décrire les indépendants comme des suspects permanents.
✔ Finance Avenue l’a prouvé : les professionnels veulent des réponses sur le fond, pas des slogans et des mesures inappropriées qui consacrée d’abord et avant tout la complexification de notre écosystème.
Les échanges ont été riches, les questions nombreuses, les inquiétudes réelles.
Preuve que la société de management n’est pas un gadget fiscal :
c’est un outil de survie et de développement dans un écosystème qui reste l’un des plus lourds d’Europe.
Le réduire à un « bouc émissaire » ne résout rien.
Au contraire : cela affaiblit ceux qui créent, investissent, prennent des risques et portent l’économie belge.
✦ Pour aller plus loin
Je vous invite à lire l’analyse parue dans L’Echo (d’autres articles y ont associés)
Elle pose très bien les termes du débat – et montre à quel point il mérite autre chose que des raccourcis : https://lnkd.in/er_Frhwx